Les Kayapos, gardiens de la forêt

Les Kayapos, gardiens de la forêt

Les Mebêngôkre

Avec plus de 12 000 personnes, le peuple Kayapó, également connu sous le nom de Mebêngôkre, signifiant peuple venu de l’eau, habite et protège depuis des décennies une vaste région de la forêt amazonienne s'étendant du nord du Mato Grosso au sud du Pará, en particulier dans la vallée du Rio Xingu, de plus de 13 millions d’hectares, soit l’équivalent de la surface de la Grèce.

Kayapó est un mot de la langue tupi qui signifie "semblables aux singes", finalement adopté par les indigènes lorsqu'ils ont commencé à être appelés de cette manière en raison d'une peinture corporelle traditionnelle.

Les Panará

Il y a environ un siècle, ils n'étaient pas les seuls Kayapó au Brésil. À environ mille kilomètres de là, dans la région s'étendant du nord de São Paulo au sud de Goiás, vivait le peuple des Kayapó du Sud, ancêtres du peuple Panará.

Bien que le nom soit le même, il n'y a jamais eu de grande relation entre les ancêtres de ces peuples. Au début du 20ème siècle, ce groupe a failli disparaitre et les rares survivants des Panará ont migré vers le nord du Mato Grosso, où ils sont devenus voisins des Mebêngôkre.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a environ 500 Panará vivant sur le territoire indigène du même nom.

Mode de vie

Dans la communauté Kayapo, il y a un chef par village qui a pour principale fonction de coordonner toutes les activités et transmettre les connaissances aux jeunes pour assurer la relève.

Malgré le mode de vie communautaire qui les caractérise, les femmes et les enfants sont séparés des hommes. Elles possèdent leur mode de vie, leur rituels, leur façon de vivre les choses.

Ils pratiquent l'agriculture itinérante, la chasse, la pêche et la collecte de fruits sauvages. Ils se déplacent en pirogue le long des rivières de la forêt, utilisant des canots sculptés à la main pour accéder aux ressources.

Ils ont une organisation sociale basée sur la solidarité et la prise de décision collective.

Les habitations sont construites en bois et en feuille de palmes principalement, organisées pour faciliter la vie communautaire en une sorte de camp circulaire. avec au centre le Ngab, lieu où les femmes se réunissent pour organiser les activités quotidiennes et les hommes pour parler de politique ou faire de l'artisanat.

Richesse culturelle

Traditionnellement, les Kayapo n’utilisent pas de vêtements, mais se parent de peintures corporelles ou de bijoux à la symbologie marquée. La culture Kayapo est riche en traditions, en chants et en danses. Leurs costumes colorés et leurs peintures corporelles sont des expressions artistiques uniques reflétant leur connexion profonde avec la nature.

Les bijoux Kayapo sont des œuvres d'art en eux-mêmes. Ils sont souvent fabriqués à partir de matériaux naturels tels que les plumes d'oiseaux, les graines, les coquillages et les dents d'animaux. Ces bijoux colorés et élaborés sont portés avec fierté, reflétant l'importance de la culture et de la nature dans la vie des Kayapo.

Médiatisation

Le peuple Kayapo est principalement connu du grand public depuis la médiatisation du cacique Raoni à la fin des années 1970, les médias locaux en faisant un porte-drapeau naturel de la lutte pour la préservation de la forêt amazonienne. Il accède à la notoriété internationale à la suite de la rencontre avec le chanteur Sting, encourageant ainsi la création de nombreuses fondations pour préserver leurs territoires.

Raoni et Sting

Le cacique Raoni est immédiatement reconnaissable au labret traditionnel qui lui distend la lèvre inférieure et qu'il arbore avec grande fierté. Les générations suivantes n'ayant pas conservé cette coutume, le chef est l'un des tout derniers hommes à plateaux connus au monde. Bien qu’âgé de plus de 90 ans, il poursuit la lutte contre la déforestation et la reconnaissance des droits indigènes au Brésil en participant à certaines rencontres internationales (ONU, COP…), rencontrant régulièrement les grands de ce monde en parvenant à conserver stoïcisme, distance et dignité et son mode de vie, habitant dans une simple hutte.

Raoni à Paris

Une coexistence harmonieuse

Les Kayapo incarnent une coexistence harmonieuse entre l'humanité et la nature. Leur engagement envers la préservation de l'Amazonie et leur culture inspirante rappellent à tous l'importance de protéger notre environnement pour les générations futures.

Vous pouvez trouver des informations complémentaires sur le site du Musée d’Art Chinois et Ethnographique 

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