Les artisans derrière les bijoux Amazonikaa

Derrière les bijoux sélectionnés par Amazonikaa, il y a d’abord des femmes et des hommes.
Des artisans qui travaillent la matière, maîtrisent des gestes appris et perfectionnés au fil du temps, parfois transmis de génération en génération. Il y a aussi des territoires, des communautés, des cultures et différentes manières de créer.
Chez Amazonikaa, le bijou n’est jamais seulement un objet. Pour comprendre sa valeur, il faut commencer par regarder celles et ceux qui le réalisent.
Des artisans de différentes régions et cultures du Brésil
Amazonikaa collabore avec des artisans issus de différentes régions du Brésil, avec un lien particulièrement fort avec l’Amazonie.
Au fil de ce parcours, j’ai eu le privilège de proposer des créations d’artisans représentant plus de 21 ethnies autochtones et communautés traditionnelles.
Mais parler des « artisans brésiliens » comme s’ils formaient un seul ensemble serait réducteur.
Le Brésil possède une immense diversité culturelle. Chaque peuple, chaque communauté et chaque territoire peut avoir ses propres traditions, ses techniques, ses matières, ses motifs et sa manière de créer.
Cette diversité est essentielle.
Je ne veux pas l’effacer derrière une image générale de « l’artisanat brésilien ». Au contraire, lorsque les informations sont disponibles, je cherche à préciser l’origine des créations et à mieux faire connaître les artisans, les peuples ou les communautés dont elles sont issues.
Des savoir-faire qui se transmettent
Chaque création est le résultat d’un travail manuel.
Pour certains artisans, les techniques ont été apprises au sein de la famille ou de la communauté et se transmettent de génération en génération. Derrière un geste qui peut sembler simple à celui qui regarde se trouvent parfois des années de pratique, d’observation et d’apprentissage.
C’est là que réside une grande partie de la valeur d’une création artisanale.
Non seulement dans ce que l’on voit, mais dans ce qu’il a fallu apprendre pour pouvoir le faire.
Des gestes continuent d’exister parce que des femmes et des hommes les pratiquent, les transmettent, les adaptent et les font évoluer.
C’est un patrimoine qui n’est pas figé dans le passé.
C’est un patrimoine vivant.
La matière prend son sens entre les mains de l’artisan

Graines, bois, fibres végétales, pierres naturelles, capim dourado ou encore Miçanga font partie des matières que l’on peut retrouver dans les créations sélectionnées par Amazonikaa.
Mais la matière seule ne raconte qu’une partie de l’histoire.
Ce qui m’intéresse, c’est ce que l’artisan sait en faire.
Certaines graines doivent par exemple être préparées avant d’être travaillées. Elles peuvent être bouillies afin d’interrompre leur germination et de favoriser leur conservation.
Le capim dourado, cette fibre végétale naturellement dorée originaire de l’État du Tocantins, devient entre des mains expérimentées une matière permettant de réaliser des créations d’une grande finesse.
Les Miçangas, petites perles de verre utilisées par de nombreuses communautés autochtones, peuvent être assemblées une à une pour donner naissance à des compositions élaborées.
Ainsi, ce n’est pas simplement la matière qui donne sa valeur au bijou.
C’est aussi le savoir de la personne qui sait la transformer.
L’artisanat : un travail, une transmission, une autonomie
Pour beaucoup d’artisans et de communautés, l’artisanat représente également une activité économique importante.
Il permet de générer des revenus tout en valorisant des connaissances, des ressources locales et des pratiques liées à leur territoire et à leur culture.
Cette activité peut s’inscrire dans une forme de bioéconomie : une économie qui s’appuie sur les ressources et les savoir-faire locaux tout en cherchant à maintenir un équilibre avec l’environnement.
Je travaille directement avec des artisans ou des associations dans une démarche de commerce équitable.
Derrière ces mots, il y a surtout une conviction simple : le travail de l’artisan est un véritable travail, avec le temps, la maîtrise et la valeur qu’il représente.
Peut-on toujours savoir qui a réalisé un bijou ?

La réponse est : pas toujours.
Et cela tient notamment à la manière dont l’artisanat peut être organisé et commercialisé au sein de certaines communautés.
Dans certains cas, j’achète directement auprès de l’artisan qui a réalisé le bijou.
Je peux alors connaître son nom, échanger avec lui et mieux comprendre son travail.
Lorsque cela est possible et souhaité, je peux aussi raconter son histoire et mettre un visage derrière sa création.
Mais il existe également des formes de vente plus collectives.
Dans certaines communautés, plusieurs artisans réalisent leurs créations, qui sont ensuite rassemblées. Une personne de la communauté peut être chargée de se rendre en ville pour proposer à la vente les bijoux réalisés par différents membres.
Lorsque je découvre les créations à cette étape, il peut être difficile voire impossible de déterminer avec certitude quelle personne a réalisé chaque bijou.
Dans ce cas, j’ai fait un choix qui me paraît essentiel : ne pas inventer une attribution.
Lorsque je ne peux pas identifier l’artisan individuellement, mais que l’origine de la création est connue, je préfère indiquer le peuple ou la communauté dont elle est issue.
Car derrière le bijou, il y a bien un artisan, même lorsque son nom ne m’est pas parvenu.
J’essaie aujourd’hui d’aller progressivement plus loin : identifier davantage les artisans, mieux connaître leur parcours et documenter leur travail chaque fois que les conditions le permettent.
C’est un chemin qui se construit au fil des rencontres.
Un lien avec les artisans qui existe aussi au Brésil

Dans cette relation avec les artisans, ma sœur occupe également une place importante.
Elle vit au Brésil et travaille depuis plus de quinze ans au contact de peuples autochtones.
Bien avant la création d’Amazonikaa, elle possédait déjà sa propre boutique, où elle fait elle aussi découvrir des créations artisanales et les histoires qui les accompagnent.
C’est d’ailleurs son parcours qui m’a en partie inspirée et qui m’a encouragée à créer Amazonikaa en France.
Lors de certaines sélections, nous travaillons ensemble : elle choisit des créations pour sa propre boutique et je sélectionne celles que je souhaite proposer chez Amazonikaa.
Il est important pour moi de préciser qu’elle n’est pas une intermédiaire commerciale rémunérée par Amazonikaa et qu’elle ne perçoit pas de commission sur mes achats. Chacune porte son propre projet.
Ce lien me permet néanmoins de rester proche d’une réalité qu’elle connaît depuis de nombreuses années et de poursuivre, depuis la France, une histoire qui avait commencé bien avant la création d’Amazonikaa.
Le rôle d’Amazonikaa
Amazonikaa ne fabrique pas ces bijoux.
Je sélectionne des créations réalisées par des artisans partenaires au Brésil et je contribue à faire connaître leur travail au-delà de leur territoire d’origine.
Mon rôle n’est pas de m’approprier un savoir-faire qui ne m’appartient pas. Il est de créer des liens, de sélectionner des créations et de raconter leur contexte lorsque je le connais.
Et si ce pont se construit aujourd’hui principalement entre le Brésil et l’Europe, ce n’est pas parce qu’une création aurait davantage de valeur une fois arrivée de l’autre côté de l’Atlantique.
Sa valeur existe bien avant de traverser l’Atlantique.
Elle existe dans le savoir-faire de l’artisan, dans le temps consacré à la création, dans les gestes appris et transmis, et dans la culture et le territoire dont elle peut être l’expression.
Pourquoi alors créer ce pont avec l’Europe ?
Parce que cette histoire est aussi la mienne.
Je suis Flavia Beatriz, Brésilienne originaire du Pará, dans le bassin amazonien, et je vis en France depuis 1999.
Ma vie s’est construite entre ces deux territoires. C’est donc naturellement depuis la France que j’ai commencé à faire découvrir ces créations et les personnes qui se trouvent derrière elles.
Mais créer un pont entre le Brésil et l’Europe ne signifie pas transporter un artisanat d’un endroit où il aurait moins de valeur vers un endroit où il en aurait davantage.
Le Brésil et l’Europe partagent une histoire ancienne et complexe, marquée notamment par la colonisation et par des rapports profondément inégaux.
Amazonikaa n’a pas la prétention de réécrire cette histoire.
Mais je peux, à mon échelle, choisir comment je parle du Brésil aujourd’hui.
Non pas comme un pays qui aurait besoin du regard européen pour reconnaître la valeur de ses créations, mais comme un pays riche de peuples, de cultures et de savoir-faire qui possèdent leur propre valeur.
L’Europe est simplement l’un des endroits depuis lesquels cette rencontre peut avoir lieu.
Et mon ambition va au-delà : contribuer à faire connaître le Brésil autrement, en Europe et ailleurs dans le monde.
Non pas seulement à travers ses paysages ou les images que l’on connaît déjà de lui, mais à travers les femmes et les hommes qui font vivre ses savoir-faire, ses traditions et ses cultures.
Derrière le bijou, l’artisan
Lorsque vous découvrez un bijou Amazonikaa, j’aimerais donc vous inviter à regarder au-delà de sa beauté.
À vous demander qui l’a réalisé.
Quel savoir a été nécessaire pour travailler la matière.
Combien de temps il a fallu pour apprendre un geste.
Quelle patience a été nécessaire pour assembler chaque élément.
Et quelle histoire accompagne cette création.
Je ne connais pas encore le nom de chaque artisan derrière chaque bijou que je sélectionne.
Mais je cherche à avancer dans cette direction.
Lorsque je connais le nom de l’artisan, je veux le transmettre. Lorsque je peux identifier son peuple
ou sa communauté, je veux le préciser.
Et lorsque je ne sais pas, je préfère le dire plutôt que de raconter une histoire qui ne serait pas la sienne.
C’est aussi cela, pour moi, respecter l’artisanat. Ne pas seulement montrer ce qui a été créé, mais chercher à reconnaître celles et ceux qui l’ont créé.
Pour prolonger cette découverte, retrouvez les créations artisanales sélectionnées par Amazonikaa auprès de ses artisans partenaires au Brésil.